Porsche, l’évolution par la course
Le Mans Classic 2018: Porsche 935 Number 37

Porsche, l’évolution par la course

Des premières voitures de course aux prototypes du groupe C, Le Mans Classic nous a offert un bel aperçu de l’histoire de Porsche. Pourquoi ne pas en profiter pour admirer l’évolution des Porsche ?

Porsche a donc 70 ans cette année et pour notre plus grand plaisir les festivités sont nombreuses. Ainsi des célébrations se déroulent partout et 2018 est donc une excellente année pour les amateurs de la marque. Le Mans Classic 2018 ne faisait pas exception et de nombreuses autos frappées de la Jument s’exhibaient sur l’herbe et sur la piste.

Le Mans Classic 2018: Porsche 356 Pre-A Number 20

En conséquence, 356 Pre-A, 904 GTS, 906 Carrera 6 et d’autres s’exerçaient sur la piste. Pour beaucoup, ces chiffres et lettres sont un code impossible à déchiffrer mais, pour les amateurs, ils sont les pages et sous-chapitre dans le livre d’histoire de Porsche. Chaque évolution a imprimé sa marque, de 356 à 962. Le Mans Classic 2018 nous a permis d’ouvrir ce livre et de retracer l’histoire du constructeur le plus décoré au Mans.

Le Mans Classic 2018: Porsche 356 A GT Speedster

Bien que fortement préparée pour la course, les premières Porsche 356 à avoir participé aux 24 Heures du Mans restaient des voitures pour la route. Néanmoins, comme avec la 911 aujourd’hui, Porsche pouvait construire La 356 qui couvrira tous vos besoins, y compris la course. Vous pouvez bien sûr commander une auto avec carrosserie en acier dotée d’un moteur robuste, mais aussi un sexy Speedster efficace sur la piste et sur les routes de campagne.

Le Mans Classic 2018: Porsche 356 Speedster Number 72

Toutefois, si vous en voulez plus, vous pouvez même choisir une version du 356 préparé par Abarth ! La splendide Carrera GTL était la première GT dédiée pour la course conçue par Porsche. Intelligemment, Porsche utilisa l’expertise du magicien de Turin pour optimiser sa voiture. Il n’y a pas de honte à apprendre des meilleurs, n’est-ce pas?

Le Mans Classic 2018: Porsche 356 Abarth

Même s’il était toujours légal pour la route, le 550 Spyder à moteur central est la première Porsche de Course. S’appuyant sur l’expérience 356, l’agile roadster a couru avec succès au Mans. Encore que, les petites flèches d’argent brillaient davantage sur les parcours sinueux. Les 550 étaient ainsi plus adaptés à des courses comme la Targa Florio ou à la Carrera Panamericana qu’à la ligne droite des Hunaudières.

Le Mans Classic 2018: Porsche 550

L’évolution finale de la 550, la 718 RSK, a été remplacée par un coupé somptueusement carrossé par une coque en plastique renforcé de fibre de verre. Cette 904 ou Carrera GTS suivait la même philosophie que la 550, une voiture légère propulsée par un moteur de petite capacité placé au centre.

Le Mans Classic 2018: Porsche 904 GTS Number 44

Les victoires de classe et les places d’honneurs se succédèrent. Malheureusement, les évolutions qu’étaient les 906 et 910 ne permirent pas à Porsche de remporter la victoire promise au Mans.

Le Mans Classic 2018: Porsche 906 Number 61
Le Mans Classic 2018: Porsche 910 Number 42

Enfin, la controversée 917 donna à Porsche sa 1ère victoire dans la Sarthe. Dans le fond, cette «routière» à moteur central était la dernière évolution de la 550, une carrosserie légère enveloppée autour d’un châssis tubulaire à la pointe de la technologie.

Le Mans Classic 2018: Porsche 917K

Cependant, c’est son gros moteur 12 cylindres qui sépara la 917 de ses ascendantes. La version finale du type 912 produisait ainsi jusqu’à 630ch. Pour mettre cela en perspective, le moteur « Fuhrmann » qui propulsait la 550 ne faisait que 108ch. Non seulement la 917 était presque 6 fois plus puissante que son ancêtre, sa puissance spécifique était également supérieure. Ainsi, les 12 cylindres produisaient 126ch/l, tandis que le 4 cylindre tout en aluminium du Spyder produisait 72ch/l. A noter que ce dernier chiffre reste aujourd’hui excellent pour un moteur atmosphérique.

Le Mans Classic 2018: Porsche 917K and 911

Néanmoins, la puissance n’est pas tout, c’est pourquoi Porsche a gardé un Spyder plus léger pour concourir aux côtés de la « lourde » 917. Avec le 908-2, et plus tard le 908-3, le 550 avait atteint son dernier développement.

Le Mans Classic 2018: Porsche 908-2 Number 75

Il faut noter que pour certains le prototype 936 du groupe 6 est le dernier descendant spirituel des 550. Malheureusement, le monstre à moteur turbo ne courait pas au Mans Classic, à l’échelle 1 au moins.

Little Big Mans 2018: Porsche 936 Number 60

Mais n’oublions pas la 911, l’évolution perpétuelle de la 356. Ainsi, les 6 cylindres ont rugis sur tous les circuits et bien sûr au Mans. De la voiture de production aux silhouettes, nombreuses étaient les 911 sur le Circuit des 24h:

911S
911 RSR
930 Groupe 4

Bien évidemment la plus méchante, la 935, faisait aussi partie de la fête. Comme il ne fallait conserver que les portes, le capot et le châssis soient, Porsche découpa les ailes avant, déplaça les phares dans le pare-chocs et élargi généreusement les voies. Grâce au Turbo et l’expertise de Kremer, la voiture de «route» parvient même à remporter l’édition 1979 du Mans.

Le Mans Classic 2018: Porsche 935 Number 37

Cerise sur le gâteau, en plus des 6 grilles officielles, des voitures du groupe C faisaient également partie du spectacle. Quel plaisir de voir de près les 956 et 962 rugir sur la piste. Propulsé par le Flat-6 turbo refroidi par air de ses prédécesseurs, les premières voitures monocoques en aluminium de Porsche ont donné 7 victoires au Mans.

Le Mans Classic 2018: Porsche 962C

Aujourd’hui, Porsche ne court plus au Mans pour la victoire finale. Par le raffinement constant, l’interprétation des règles et le flair, les compétitrices de Stuttgart ont continué à gagner. D’une certaine manière, le prototype hybride 919 récemment retiré et même le futur Taycan sont des développements des technologies mises au point par Ferdinand Porsche il y a plus de 100 ans. Nous pourrions ajouter que la RSR 911 à moteur central perpétue également l’héritage créé par les 550 dans les années 50. Espérons donc que les futures évolutions de Porsche nous procurent le même plaisir que par le passé. Sinon, nous pouvons quand même venir au Mans tous les deux ans pour un rappel.

Le Mans Classic 2018: Porsche 962C Tic Tac

Une chose est certaine, j’ai déjà hâte d’observer les WSC-95, 911 GT1 et RS Spyder sur circuit et de revoir la 919. C’est toujours un plaisir de revivre l’évolution de Porche.

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